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12/11/2018

Centenaire

Samedi soir, dans ma sous-pref comme dans beaucoup d'autres endroits si j'en crois l'Internet mondial, était donné l'oratorio d' Isabelle Aboulker :

"1918, L'Homme qui titubait dans la guerre".

Dans la nuit du 10 au 11 novembre 1918, un soldat français agonise seul dans le no man's land entre les tranchées ennemies, après un dernier assaut meurtrier ; il ne peut ni parler, ni bouger.
L'Armistice sera déclaré dans quelques heures.
Il pense à sa femme, Lou (nommée ainsi dans l'oeuvre en hommage à Apollinaire), à son fils, Paul. Il se souvient de la mobilisation, et de toutes les horreurs vécues, les tranchées, la boue, la peur, l'attente, la fureur des combats. Il se souvient aussi de ses retours à Paris, des permissions "à l'arrière", des blessés, de l'effort de guerre.
Il se pose la question de "pourquoi la guerre ?" et découvre au fond de son cœur le "Grand Instinct", l'instinct de la guerre et ses "serviteurs", l'avidité, la colère et l'ignorance dont les hommes, tout comme lui, sont devenus les jouets.
Désespéré, mais lucide pour la première fois depuis le début de la guerre, il sent en lui une révolte infinie, et prend peur pour les générations futures.
Le soldat meurt alors que l'Armistice est déclaré, il ne reverra ni sa femme ni son fils, victimes aux aussi du conflit.
S'élèvent alors en conclusion les paroles de Romain Rolland prédisant dans l'Armistice même, les prémisses de la guerre suivante.*

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Difficile de décrire l'émotion portée par cette oeuvre.
Les textes forts, durs, sur des mélodies parfois gaies et enjouées, chantés par le chœur des enfants, effet "grinçant" … 
Mais aussi message de paix face à l'absurdité de la guerre.



Prologue 



Petite chanson des mutilés :
"Prête-moi ton bras pour remplacer ma jambe
Les rats l'ont mangée, à Verdun, à Verdun. (bis)
A Verdun, j'ai mangé beaucoup de rats
Mais ils ne m'ont pas rendu ma jambe. (bis)

 

Le livret de cet oratorio a été écrit par Arielle Augry d'après des écrits d'Ernst Jünger, Céline, Blaise Cendrars, Apollinaire, Henri Barbusse, Henri Bataille, Romain Rolland, Stefan Zweig. C'est une commande de l'Etat qui a été créée en 1998, pour le 80e anniversaire de l'Armistice, à l'Historial de la Grande Guerre de Péronne.

Il est écrit pour mezzo-soprano, baryton, récitant, chœur d'enfants et orchestre d'harmonie.

*ce résumé de l'oeuvre est largement inspiré par la présentation faite dans le programme du concert de samedi.

Illustration : programme du concert de samedi, récupéré sur le site de l'Orchestre d'Harmonie de la Sous-Pref.
Vidéos récupérées sur YouTube

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Commentaires

L'Internet mondial avait tout juste !
Bises du soir

Écrit par : oth67 | 12/11/2018

Répondre à ce commentaire

Ca lui arrive ;-)
Bises aussi !

Écrit par : Béatrice | 12/11/2018

"Les messages de paix face à l'absurdité de la guerre" ... Cette phrase résonne énormément en moi en ce moment ... On en discutait à midi avec mes autres collègues assistantes sociales. On a rencontré tant de réfugiés depuis que nous sommes en poste, à cause de ces guerres, partout dans le monde ... non stop ... l'Histoire ne joue malheureusement plus assez son rôle en France ... L'Histoire avec un grand H devrait nous faire réagir et nous faire dire réellement "plus jamais ça !" ... Qu'on se serve de l'Histoire pour en retenir de vraies leçons ...

Écrit par : Melle Bulle | 12/11/2018

Répondre à ce commentaire

C'était un peu la conclusion du discours du maire de la sous-pref le 11 Novembre, qui a demandé pardon aux jeunes générations de ne pas en faire assez pour que vraiment "plus jamais ça" …

Écrit par : Béatrice | 13/11/2018

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